PEN Mexique dénonce l’intervention, la violation de son autonomie et censure par PEN International

communiqué de presse

 

PEN MEXIQUE DÉNONCE

L’INTERVENTION, LA VIOLATION DE SON AUTONOMIE ET CENSURE

PAR PEN INTERNATIONAL

 

Ville de Mexico, le 6 octobre 2019

A la presse et aux médias nationaux et internationaux:

A l’opinion publique nationale et internationale:

 

Nous avons été informés que lors du 85ème Congrès de PEN International, à Manille, Philippines, sur proposition du conseil exécutif de PEN International, le PEN Mexique a été suspendu en supposant qu’il y a eu d’irrégularités dans son processus électoral.

Compte tenu de cela, PEN Mexique informe :

Le processus électoral de PEN Mexique s’est déroulé dans le strict respect de ses statuts, comme indiqué dans l’acte notarial correspondant, et comme il a été opportunément communiqué à PEN International pour tous ses membres.

PEN Mexique rapporte que les élections, au cours desquelles notre présidente, la poète María Rivera, a été élue, n’ont pas été contestées devant son assemblée, la plus haute instance dirigeante du PEN Mexique, ni par aucun des membres appartenant à notre organisation ni pour le candidat défait, M. Pedro Serrano, qui à aucun moment n’a pas dénoncé aucune illégalité, et il n’a pas communiqué avec PEN Mexique dans les trois mois qui ont suivi l’élection.

Notre journée électorale fut démocratique et n’a généré aucun conflit post-électoral dans notre centre. Elle a été appuyée par l’ensemble de l’assemblée, comme l’indique l’acte de notre procès-verbal du 4 septembre.

Compte tenu de ces faits, PEN Mexique fait savoir publiquement que la suspension de notre centre, fondé en 1923 par Genaro Estrada et Alfonso Reyes, constitue une mesure autoritaire de représailles face les dénonciations faites pour le PEN Mexique sur une série d’actes illicites commis par PEN International au détriment du PEN Mexique et face à l’échec manifeste de la direction international, présidée par l’américaine-mexicaine Jennifer Clement, sa plus haute autorité —et ancienne présidente du PEN Mexique—, pour s’emparer de notre organisation par l’imposition antidémocratique d’un candidat. Ceci a été opéré lors de notre assemblée par une employée de PEN International, Mme Alicia Quiñones —Clement faisait partie de ladite assemblée—, qui a fabriqué la délation dans l’organisation internationale.

Nous regrettons que PEN International soit déformée de son sens et ses principes constitutifs par ses autorités, qu’il soit utilisé pour satisfaire des intérêts factices, qu’il utilise le mensonge comme un outil, le tout dans un abus de pouvoir manifeste contre des écrivains mexicains, violant ainsi sa propre nature. De plus, dans le contexte de violence que connaît le Mexique, le fait que PEN International ait suspendu le PEN Mexique, nous le considérons comme une grave erreur, étant le PEN mexicaine une organisation de la société civile qui jouit d’un prestige et d’un pouvoir d’opinion puissants dans la défense des journalistes mexicains.

En outre, PEN Mexique rend publique la politique interventionniste illégale du conseil exécutif de PEN Internacional, dirigé par l’écrivaine Jennifer Clement, sa secrétaire internationale, Kätlin Kaldmaa, et son directeur exécutif, Carles Torner, dans la vie interne des centres PEN, en violation de leurs autonomies, qui a transformé l’organisation international en un outil de partenariat avec des politiciens et des gouvernements, censurant les écrivains pour la défense de la liberté de leurs propres pays. Ceci est arrivé à PEN Mexique, qui a été victime de la censure quand, en août de cette année, PEN International a rejeté notre résolution —signée par le PEN San Miguel et le PEN Guadalajara—, dans laquelle nous avons dénoncé, en plus des violences subies par les journalistes dans notre pays, les attaques et les discrédits constantes contre la presse et les défenseurs des droits de l’homme menées par le gouvernement mexicain actuel. Nous avons été informés qu’après avoir étudié notre résolution, « ils avaient découvert que la situation n’avait pas changé » entre l’année dernière et celle-ci, censurant notre dénonciation. Cette censure a eu lieu deux mois après que PEN International a organisé avec le gouvernement du Mexique, et avec l’appui de l’Unesco, le rencontre « Écrire l’avenir dans les langues indigènes », qui s’est tenue au Chiapas avec des écrivains membres de l’organisation internationale et quelques écrivains indigènes.

De même, PEN Mexique dénonce le fait que PEN International a utilisé le nom de PEN Mexique sans autorisation ni consultation pour signer des communiqués internationaux destinés à intervenir dans les conflits politiques internes des pays, à l’instar des cas suivants :

 

L’utilisation illégale du nom PEN Mexique dans le communiqué demandant la libération des hommes politiques catalans Jordi Sánchez et Jordi Cuixart, publié en janvier, qui, en plus, a conduit à la démission au PEN International du prix Nobel Mario Vargas Llosa, président émérite de PEN International. Cet acte a été dénoncé par l’ancienne présidente Magali Tercero et l’écrivain Homero Aridjis, président émérite de PEN International et membre actif de PEN Mexique.

L’utilisation illégale du nom PEN Mexique dans la déclaration publiée en décembre dernier, dans laquelle il était demandé la libération du politicien kurde Selahattin Demirtas, déclaration dans laquelle PEN International a déclaré que PEN Mexique avait adopté Demirtas comme « membre honoraire ». Cette déclaration est tout simplement un mensonge. Nous n’avons jamais été consultés à ce sujet.

 

PEN Mexique a subi harcèlement, intervention et diffamation —déjà dénoncés par l’écrivain Mario Vargas Llosa dans l’affaire de la Catalogne— au cours de son processus électoral par PEN International, puis par l’intermédiaire de sa secrétaire international Kätlin Kaldmaa, qui s’est ingéré dans les communications privées que PEN Mexique a envoyé à ses associés, qui ne lui ont pas été adressés à elle, et qui, sans aucune autorisation, les a rendus publics, ce qui est inacceptable.

Compte tenu de ces faits qui violent notre autonomie, nous informons ce qui suit :

PEN Mexique est une institution autonome et indépendante d’écrivains mexicains, dotée de personnalité juridique et régie par ses statuts. En tant que telle, son fonctionnement ne dépend pas de PEN International. Elle poursuivra donc normalement ses activités de promotion de la littérature et de la liberté d’expression face à la violence brutale et généralisée subie par le pays, où journalistes et défenseurs des droits de l’homme sont assassinés en toute impunité; et compte tenu du climat de disqualification de la presse et des institutions des défenseurs des droits de l’homme, PEN Mexique continuera à faire entendre sa voix, défendant les journalistes et les écrivains, œuvrant pour la défense de la liberté, du pluralisme et de la vérité, travail qui l’a placé comme une voix importante dans l’opinion publique.

Notre organisation reste ferme et forte, comme elle le fait depuis quatre-vingt-seize ans, dans la défense de son indépendance, de son autonomie et de sa dignité.

PEN México

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